« Chemin de croix, Croisée des chemins… »

Chemin-de-croix

Le chemin de croix n’est-il pas, aussi, un symbole pour nous, hommes et femmes, dans la mesure où la vie ne nous fait pas que des surprises agréables : la maladie, la perte d’un proche,  ou la difficulté de trouver un sens dans notre existence ?

Dans cette réflexion, j’ai été intéressé et déconcerté par les œuvres de Jacques DERRIDA, en particulier sur la nécessaire « déconstruction » ; il m’a fallu le lire plusieurs fois, mais de mon point de vue, DERRIDA ouvre des casiers traditionnellement fermés.

Dans « L’origine de la géométrie », DERRIDA, s’interroge sur forme et vouloir-dire ; il utilise aussi les deux couples parole-écriture et nature-culture ; pour moi, cette articulation peut fonctionner également avec deux termes image-langage.

Dans un discours où il parle de sa mère, alors en fin de vie, il nous dit : « elle prit ce chemin », ce qui suggère un double sens phonétique : « prendre ce chemin » et « prier ce chemin ».

Cette pensée peut encourager le spectateur à se poser par lui-même des questions sur la vie et la mort :

« Pour que vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance » nous dit SPINOZA. Dans ce cas, ce n’est pas Dieu qui décide à notre place ; c’est nous qui sommes responsables de notre cheminement.

Ailleurs, SPINOZA nous dit encore : « La sagesse est une méditation, non sur la mort, mais sur la vie… »

Pour ma part, en créant ces douze tableaux, j’ai eu le souci d’être lisible, en proposant des images figuratives ; c’est également vrai pour le choix du format : 1,93 m sur 1m, taille d’un lit, lieu où souvent on naît, on procrée et on meurt.  Ici apparaît le nouveau couple vu-vécu : « Vue, la lumière pour la première fois ; vécu, jusqu’à la mort ».

Les couleurs qui me semblaient au début nécessaires, ont, au cours du travail, laissé parfois la place au contraste plus fort du claire-obscure.

Johann POLLAK